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Comment trouver réellement 50 milliards d’économie ?

Il y a un défaut fondamental dans la manière de penser du gouvernement et des politiques en général lorsqu’il s’agit de réduire les coûts.

Il est de tous les dangers et plus qu’inutile, d’aller directement aux solutions, même lorsqu’elle paraissent évidentes. Décider que l’on pourrait geler ou réduire le traitement des fonctionnaires parce que mathématiquement l’on y trouvera une part de l’objectif cherché. Décider de supprimer 10 000  hommes dans l’armée car mathématiquement 10 000  multiplié par le coût complet d’un homme va peut-être faire un demi milliard. Ce sont des solutions qui n’intègrent pas les coûts des dysfonctionnements induits, le coût des résistances, la casse de l’enthousiasme et de la dynamique.

Ce sont souvent des solutions contre productives qui amènent à de simples et couteux transferts de coût pour l’habillage mais à efficacité négative.

Beaucoup de nos grandes entreprises, parfois de plus petites l’ont compris depuis longtemps.

Celles qui, contrairement souvent à nos gouvernements, se savent soumises à la concurrence internationale et qui en subissent directement les conséquences si elles ne s’adaptent pas.

Dans ces entreprises les formations les plus basiques de résolution de problèmes apprennent qu’il faut analyser les causes du problème pour trouver des solutions ! C’est un métier et un apprentissage.

D’autres formations apprenent comment, en analysant méthodologiquement le processus des fonctionnements on peut en repèrer les dysfonctionnements ou les points d’amélioration, mais aussi les fondamentaux à conserver. Comment alors on peut, avec l’ensemble des équipes traiter ces dysfonctionnements sans jamais abîmer bien au contraire les objectifs fondamentaux de ces processus.

C’est finalement en simplifiant la vie des gens, en éliminant les dysfonctionnements lourds et couteux auxquels chacun est confronté dans son travail quoitidien, que l’on améliore la performance et la qualité et que l’on diminue les coûts. Ce n’est pas en décidant arbitrairement et depuis un bureau – même politique – même d’experts – de sabrer ici ou là !

L’autre avantage de l’entreprise, c’est qu’elle a découvert il y a longtemps qu’il très important que les fonctionnements soient décentralisés, regroupés en sites responsabilisés, et à l’intérieur de ces sites, en unités autonomes de production.

La Direction décide de l’orientation, mais chacun des sites construit la mise en œuvre en fonction de sa propre réalité. L’objectif est impératif, mais la manière doit-être adaptée au terrain.

Cela n’empèche pas qu’il puisse y avoir des organes de coordination méthodologique et des audits de contrôle d’atteinte des objectifs.

Chacun de ces sites, chacune de ces unités est mobilisée et outillée pour permettre l’analyse autonome de ses fonctionnements avec l’appui de personnels spécifiquement formés, et pour prendre en autonomie les décisions d’amélioration nécessaires.

Dans un cadre de valeurs et d’objectifs globaux le mouvement est permanent, à l’image de ce que la nature fait dans chacune de ses cellules, et n’attend pas la solution unique, finale, parfaite qui va satisfaire la totalité des millions ou milliers de personnes d’une entité de fonctionnaires ou de groupes de pression.

Cette méthode permet d’atteindre les objectifs de performance et de réduction de coût souvent très forts que s’imposent les entreprises pour survivre (bien plus exigeants que l’objectif considéré inaccessible d’un gouvernement de réduire ses coûts de 1% par an pendant 5 ans !), sans sacrifier, mais au contraire en accroissant le service,la qualité et l’efficacité grace au repérage et l’éviction permanent des dysfonctionnements et des travaux inutiles (Muda)

Enfin, dans l’entreprise, on a appris à mesure du temps que les décisions de bureaux sont rarement les bonnes et qu’il faut d’abord aller sur le terrain (le Gemba), comprendre le faite réel (Gembustsu) car l’on sera éclairé avant de prendre une décision.

Si le gouvernement veut réellement réaliser les économies dont il parle.

Si nous voulons que notre pays arrête les fausses mesures à conséquences négatives et stoppe sa chute avec renvoi des responsabilités de l’un à l’autre, tous aussi éloignés des réalités du terrain (un Grand Homme disait « les faits sont tétus »)

Si l’on veut avancer vers le mieux et non vers le choc qu’imposera une réalité niée.

Alors,

A défaut d’Hommes et Femmes politiques venant du terrain et connaissant la « zone de création de valeur » quelle qu’elle soit, il faut au moins mettre en place 4 choses :

  • L’arrêt immédiat de la répétition permanente de cette croyance qui répète à l’envie que pour faire mieux il faut plus (plus de moyens / plus d’argent / plus de tout …)
  • Accepter de travailler par expériences locales qui traiteront les problèmes locaux. Sans vouloir mettre en place des solutions générales uniques et innaplicables à des groupes sociaux tout entiers (enseignants / chercheurs / cheminaux …).

La nature fonctionne ainsi. Chaque ruche réagit elle-même en fonction de son environnement et en fonction de régles générales. Chaque cellule se défend et s’adapte elle-même à son contexte même s’il y a une ADN commune.

  • Déclarer dans tous les domaines la volonté de travailler avec l’appui des spécialistes du terrain et du dialogue social que sont les consultants spécialiste de l’organisation collaborative qu’on l’appelle Lean, Kaizen, ou autre, issus de l’entreprise, du pragmatisme terrain et de l’implication des équipes.
  • Arrêter de penser que la justice c’est faire du même partout, mais plutôt donner la meilleure possibilité à chacun partout de participer à l’amélioration permanente de sa facilité de travail dans le cadre économique imposé.

La solution est dans le « au plus juste », l’adaptation permanente, la qualité bonne du premier coup, l’élimination des dysfonctionnements/

Elle n’est plus le « Plus » – plus de moyens – plus d’argent quimènent à la perte, à la suppression des moyens d’action et au désespoir.

Administrations, hôpitaux, prisons, service public. Menons des expériences locales avec ces spécialistes de la transformation venant du monde de l’entreprise. Gagnons des « petites victoires rapides ». Organisaons la communication pour les faire connaître. Elargissont l’action.

Point – Ligne – Surface. Voici le rythme de l’action.

Exigence – Ecoute – Amitié. Voici ses valeurs

« Continuer à souffrir sans améliorer son sort n’est pas de la patience, c’est de l’ignorance » – M. Mead

« Think global, act local » – Patrick Geddes.